Malgré une victoire en trompe-l’œil au 2ème tour des élections législatives, la campagne du Nouveau front populaire (NFP) a été minée par les outrances du mélenchonisme – véritable épouvantail apte à faire fuir laïcs, universalistes, sociaux-démocrates – et plombée par la purge menée, au sein de LFI, envers les députés dissidents ayant osé contester la stratégie clivante de Jean-Luc Mélenchon.
Journal de bord d’une campagne électorale dévorée par les divisions et les querelles intestines qui ont empêché le NFP d’obtenir la majorité absolue, malgré l’impressionnante dynamique née de l’espérance d’une gauche unie apte à constituer le socle d’une alternative républicaine au péril d’extrême droite…
Le monde d’hier décrit par Stefan Zweig dans son exil brésilien en 1943 n’a jamais été si proche de nous. Sa déploration d’Européen, contemporain de l’engloutissement de tout ce qu’il aimait, nous poursuit alors qu’une nouvelle Europe et une nouvelle France surgissent des urnes du 9 juin, puis, dans notre pays, de celles des 30 juin te 7 juillet. La campagne de crise précédant le vote a été marquée par la disparition des principes-clés qui fondent notre civilisation : l’affrontement courtois, la rationalité contre le délire, la recherche du sens contre l’insensé et l’impensé.
La perte de ces concepts et l’absence de décence dans l’expression, marque d’une faillite morale et politique, ont ouvert la voie à une tragique concurrence des extrêmes. Elle a culminé dans un coup de théâtre – la dissolution du Parlement français – qui fait de l’hexagone le miroir vers lequel se tournent, fascinées, les démocraties du vieux continent.