Le moins que l’on puisse dire, c’est que la prestation de Tariq Ramadan face à Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV n’a pas eu l’effet escompté. Avant même que le petit-fils d’Hassan al-Banna prenne la parole, après presque deux ans de silence quelque peu forcé, Oumma.com, le principal site musulman francophone, l’allumait en évoquant une « vaine réhabilitation ». Le site rappelait que « sa vie n’était qu’un tissu de mensonges et son cynisme sans limites ».
C’était jour d’élection à Jérusalem. Un jour du proche passé -17 septembre dernier- mais ce pourrait être un proche futur car Israël est bloqué. L’Etat hébreu ne parvient pas à se donner un gouvernement. Il a voté au printemps, revoté en ce tout début d’automne et redoute un troisième scrutin.
Cet été 2019 aura été, pour le Qatar, la saison de toute les outrances.
Tout a commencé le 20 juin, par une enquête du Wall Street Journal révélant que l’un des plus célèbres argentiers d’al-Qaida, Khalifa al-Subaiy, qui fut notamment le financier du « cerveau du 11 septembre », continue à exercer ses activités de « mécène de la terreur », à l’abri des hautes protections dont il jouit au sein de l’establishment qatari.
Puis, les scandales ont déferlé.
Pendant des années – et jusqu’à récemment encore – une bonne demi-douzaine d’individus qataris finançaient Al Qaida en Irak en Syrie ou les Shebab en Somalie. Pour les besoins de notre enquête, sur le livre publié avec mon confrère Christian Chesnot (Nos très chers émirs, sont-ils vraiment nos amis ?), nous avions rencontré en 2016 l’un de ces financiers du terrorisme, cheikh Abdulrahmane Bin Omer al-Nouaimy à Doha, qui figure depuis 2014, sur les listes noires de l’Union européenne et des Etats-Unis.
Au Moyen-Orient, l’eau a toujours été appréhendée telle une ressource rare et sacrée. Elle est présente dans les mythes sumériens et akkadiens. Et la symbolique de l’eau a nourri les systèmes de croyances des Hébreux et des Arabes. L’eau est à l’origine de la fondation de grandes civilisations hydrauliques, qui sont des civilisations de l’eau, soit du fait de leur maîtrise de cette ressource rare en milieu désertique, comme celle des Nabatéens, soit du fait de la capacité de mobilisation de cette même ressource, mais en abondance, par les populations du Croissant fertile.
C’est la seule révolte d’un peuple arabe contre ses dirigeants qui n’a pas droit de cité dans les médias européens, notamment français. Elle s’est déroulée à Gaza en mars dernier : le Hamas a étouffé dans le sang la colère d’un peuple qui criait « Nous voulons vivre ! ». Les faiseurs d’opinion, de Londres à Paris, eux, l’ont étouffée dans le silence.
En décidant de se procurer des missiles Sol Air Russes S400, parmi les plus sophistiqués au monde, capables d’atteindre plus de 80 cibles à la fois, le Président Turc, Receps Erdogan, n’a fait que défier les États-Unis et hypothéquer les chances de maintien de son pays au sein de l’OTAN.
Quel est l’islamiste en Suisse qui accapare le plus les médias depuis une décennie ? Tariq Ramadan, soupçonné de viols, ou son frère Hani, directeur du Centre islamique de Genève, et ardent défenseur de la lapidation ? Pas du tout, il s’agit de Nicolas Blancho, un converti de 36 ans, à la longue barbe rousse broussailleuse, président du Conseil central islamique suisse (CCIS), une structure dont il est difficile d’évaluer la véritable audience.
La lutte antiterroriste est une guerre d’un genre très particulier. Une bataille asymétrique au sein de laquelle les services de renseignement mènent un combat sans répit contre un ennemi tout aussi radical qu’invisible. Autant dire que, contrairement aux règles qui déterminent les rapports de forces dans les guerres de type classique, face à cet adversaire sans visage qu’est le terrorisme, la puissance de frappe et la suprématie militaire ne constituent pas les éléments les plus déterminants.
De ce fait, le contre-terrorisme est avant tout une guerre de renseignement. Celle-ci est, par définition, un combat de tout instant nécessitant de périlleuses et perpétuelles opérations clandestines d’investigation, de surveillance, de filature, d’infiltration ou de sabotage.
Longtemps la branche islamiste des Frères musulmans a bénéficié de la bienveillance des autorités et des largesses des législations sur l’asile politique dans les pays européens.
Une double aberration a longtemps prévalu à ce propos. Il y a tout d’abord cette contradiction sémantique criante dite de l’« islamisme modéré ». Car, comment peut-on être « modéré », ni même tolèrent, tout en se revendiquant d’une vérité divine imperméable à toute critique ou examen de conscience ?