Fondé officiellement, en décembre 1987, par le cheikh frère-musulman Ahmed Yassine et deux de ses acolytes, le Hamas a introduit dans le conflit israélo-palestinien le fanatisme islamiste et les attentats-suicides. Toutefois, les racines de la terreur exercée par ce mouvement islamiste, qui se revendique des Frères musulmans, plongent bien plus profondément dans l’Histoire de la région. Avec pour premier mentor Amin al-Husseini, le Grand mufti de Jérusalem, collaborateur des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Cela s’est ensuite prolongé avec Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans égyptiens, qui envoya ses hommes en Palestine pour se battre contre les Juifs en 1948. Et plus récemment encore, le cheikh Youssef al-Qaradawi, guide spirituel des Frères musulmans, qui exhortait les Musulmans, depuis sa tribune d’al-Jazeera, à prendre le relais d’Hitler qui a « administré le premier châtiment divin aux Juifs » pour « les punir de leur corruption ».
Les hordes fanatisées du Hamas, qui ont perpétré les attaques du 7 octobre dernier, ont reçu en héritage une judéophobie obsessionnelle qui a marqué l’Histoire des Frères musulmans depuis leur constitution en 1928.
Le samedi 7 octobre 2023 restera comme une date indélébile dans l’Histoire d’Israël et la conscience du monde. Une tuerie sans nom, des crimes que même la plus nécrosée des imaginations aurait été incapable d’élaborer. Des innocents avaient rendez-vous avec la mort dans ce qu’elle a de plus abject. Une mort délibérément donnée par des hommes fanatisés qui n’ont plus d’humanité qu’une vague et trompeuse apparence.
Le 11 octobre dernier avait lieu une grande manifestation devant le ministère des Affaires étrangères, à Bruxelles. Son mot d’ordre ? « Guerre à Gaza : Pour un cessez-le-feu et une paix juste, contre la violence coloniale et l’apartheid ».
À lire ce texte, les choses sont claires : le responsable de tout, le grand coupable, c’est Israël. Israël qui colonise, qui occupe illégalement, qui a honteusement spolié un territoire qui ne lui appartenait pas, exerçant sur ses habitants une violence telle que la clé de la paix, désormais, est entre ses mains seules.
Stupeur et effroi devant l’extrême barbarie des razzias moyenâgeuses et sanguinaires perpétrées par le Hamas ce 7 octobre, jour du 50ème anniversaire de la ‘‘Guerre du Kippour’’, avec pour objectif macabre de raviver le souvenir traumatique de cette guerre de 1973, qui a failli ébranler l’existence même de l’État d’Israël, alors âgé d’à peine 25 ans.
Lors d’un entretien accordé à la chaîne de télévision Al Arabiya, le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, basé à Doha, au Qatar, vient de remettre en question la décision prise par le mouvement islamiste palestinien, en 2017, qui avait lors modifié sa charte pour y supprimé toute référence à son affiliation à la confrérie des Frères musulmans.
Le leader du Hamas Abdel Rahim Abou Fanah, président du comité de la Zakat [Aumône légal islamique, l’un des principaux canaux de collecte de dons par le Hamas] au sein de l’organisation islamiste palestinienne, a enflammé les réseaux sociaux arabes : Dans une vidéo filmée au téléphone portable, par un jeune homme s’exprimant en dialecte arabe palestinien, ce cadre du Hamas est apparu nu, en compagnie d’une prostituée, dans ce qui semble être un hôtel israélien, comme l’indique des écriteaux en hébreu sur les meubles.
C’est la seule révolte d’un peuple arabe contre ses dirigeants qui n’a pas droit de cité dans les médias européens, notamment français. Elle s’est déroulée à Gaza en mars dernier : le Hamas a étouffé dans le sang la colère d’un peuple qui criait « Nous voulons vivre ! ». Les faiseurs d’opinion, de Londres à Paris, eux, l’ont étouffée dans le silence.