Un an après l’enquête qu’il a dirigée pour notre mensuel Ecran de Veille (Observatoire des enseignants face à l’expression du fait religieux à l’école, octobre 2022), dans laquelle les problématiques liées au port de l’Abaya et du Qamis à l’école ont été sondées pour la première fois, François Kraus, le directeur du pôle Politique / Actualités à l’Ifop, a mené une enquête d’envergure (échantillon national représentatif de 2 145 personnes âgées de 18 ans et plus), réalisée pour nos confrères de Charlie Hebdo, suite à l’interdiction de ces tenues à l’école publique.
Dans cet entretien, il revient sur les principaux enseignements de cette étude composée de deux volets : un sondage réalisé les 30 et 31 août derniers et une recherche documentaire sur le caractère religieux de l’Abaya et du Qamis et la manière dont ces tenues sont présentées aux acheteurs et acheteuses français par les marchands et les marques qui les commercialisent.
La décision du nouveau ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, d’interdire le port de l’Abaya (et de son équivalent masculin, le Qamis) à l’école a soulevé une vive polémique. Plusieurs voix se sont élevées, notamment à gauche, pour dénoncer l’instauration d’une‘‘police du vêtement’’ et La France insoumise (LFI) a annoncé son intention d’attaquer cette décision au Conseil d’État. Pourtant, l’interdiction des Abayas et Qamis ne fait guère débat au sein du corps enseignant, comme l’a montré un sondage réalisé par l’IFOP pour notre mensuel Ecran De Veille, en novembre dernier.