Un groupe de chercheurs du centre émirati Trends Research & Advisory, de l’Université de Montréal et de ‘‘Pluriel’’, la plateforme universitaire de recherche sur l’islam basée à Lyon, collaborent depuis 2021 pour produire le premier index académique capable de mesurer l’influence globale des Frères Musulmans. Ils viennent de rendre public leur premier rapport portant sur la période 2022/2023. Extraits exclusifs.
Depuis des décennies, de nombreux ouvrages dénoncent la dangerosité des Frères musulmans. En revanche, jusqu’en 2011 et le Printemps arabe, on ne savait que très peu de choses sur leurs capacités à gérer des pays. Au Caire, comme à Tunis, arrivés au pouvoir, il ne leur a fallu que quelques mois, sinon quelques semaines, pour révéler leur invraisemblable incompétence. « Pour monter dans la hiérarchie de la Confrérie, il faut obéir et surtout ne pas réfléchir. Résultat, ce ne sont surtout pas les plus intelligents qui ont accédé au pouvoir », constate la sociologue Sarah Ben Néfissa, coauteure avec Pierre Vermeren de l’ouvrage ‘‘Les Frères musulmans à l’épreuve du pouvoir »1.
De hauts responsables de l’armée et des services de renseignements mènent la contestation contre Benyamin Netanyahou, le Premier ministre, accusé de mener le pays à sa perte. Et si le salut venait de l’armée ?
On la connaît mal en Europe. Pourtant, cette force en charge des opérations extérieures du Corps des Gardiens de la Révolution – la milice paramilitaire du régime iranien – est derrière la plupart des attentats terroristes commandités par la République islamique d’Iran. Elle est aussi à la manœuvre en mer Rouge et dans le détroit d’Ormuz, où ses drones attaquent tankers et navires de commerces internationaux. En une trentaine d’années, elle a tissé un réseau d’espions qui œuvrent jusque dans les capitales européennes, qu’elle menace plus que jamais. Explications.
Dans un livre remarquable, intitulé ‘‘La face cachée des Mollahs. Le livre noir de la République islamique d’Iran’’, Emmanuel Razavi, Grand reporter indépendant, contributeur régulier à Global Watch Analysis, révèle comment l’idéologie des Frères musulmans a inspiré l’islam politique chiite de Khomeini. Extraits exclusifs.
Indépendante depuis 1991, l’ancienne Somalie britannique n’est toujours pas reconnue par la communauté internationale. Elle n’élève que des chameaux, des moutons et des chèvres, mais sa situation stratégique, sur le golfe d’Aden, intéresse l’Éthiopie, son grand voisin (120 millions d’habitants), qui n’a pas d’accès à la mer, depuis l’indépendance l’Érythrée. La Turquie et le Qatar se sont implantés à Mogadiscio (Somalie), tandis que les Émirats arabes unis investissent massivement à Berbera, le grand port du Somaliland. Les Chinois possèdent une base militaire à Djibouti et Taïwan s’intéresse à Sallahey, au sud d’Hargeisa, la capitale su Somaliland, où un gisement pétrolier a été découvert.
Avant novembre 2023 et les attaques ciblant les navires en mer Rouge, qui s’intéressait véritablement à la guerre civile qui ravage le Yémen depuis 9 ans ? Qui connaissait le groupe Ansar Allah (Partisan de Dieu), le nom officiel des Houtis ? Qui avait entendu parler du zaydisme, cette branche très minoritaire de l’islam chiite ? Aujourd’hui, ces rebelles venus des montagnes se sentent capables de perturber l’économie mondiale pour imposer leurs conditions aux États-Unis et à Israël.
J’ai passé dix jours en Israël, avec le grand photographe Nadav Neuhaus. Nous y avons rencontré des témoins directs du 7 octobre, mais aussi d’ex-otages détenus à Gaza. Nous avons également visionné des images tournées le jour de la tragédie, et jamais diffusées. Tout, absolument tout, se recoupe pour pouvoir affirmer à quel point le Hamas s’est livré aux pires exactions.
Les Israéliens n’en veulent plus. Les incendiaires qui avaient permis à Benyamin Netanyahou de redevenir Premier ministre en novembre 2022 sont désormais détestés par une opinion traumatisée par les massacres du 7 octobre. Itamar Ben-Gvir, le ministre de la Sécurité nationale – les Israéliens l’ont rebaptisé ‘‘ministre de l’Insécurité nationale’’ – Bezalel Smotrich, en charge des Finances et Yariv Levin, ministre de la Justice, artisan d’une détestable réforme rejetée par le public, ont un avenir politique aussi compromis que leur maitre Netanyahou.
Rien ne prédestinait la Force Al-Qods, unité d’élite du Corps des Gardiens de la révolution iranienne (Pasdarans) et l’Organisation mondiale des Frères musulmans à se rapprocher. Pourtant, des documents issus des archives secrètes du ministère iranien du Renseignement révèlent l’inconcevable : des tractations ont bien eu lieu entre ces deux organisations, d’apparence rivales, pour faire face à leurs ennemis communs.